Van aménagé d’occasion : comment le rentabiliser et en combien de temps ?
Acheter un van aménagé d’occasion à 25 000, 30 000 ou 40 000 € pour l’utiliser quinze jours par an pose forcément une question : est-ce que cela vaut vraiment le coût par rapport à la location ?
À l’inverse, si le van sert cinq ou six semaines par an, pour les vacances mais aussi pour partir régulièrement le week-end, le calcul devient très différent. Et certains propriétaires vont plus loin en louant leur véhicule lorsqu’ils ne l’utilisent pas afin d’en financer une partie.
Mais « rentabiliser » un van ne signifie pas nécessairement récupérer son prix d’achat. Il faut regarder ce qu’il coûte réellement pendant plusieurs années, sa valeur à la revente et le nombre de jours pendant lesquels vous en profitez.
Combien de sorties faut-il faire pour rentabiliser un van aménagé ?
Il n’existe pas de nombre universel, mais plus un van est utilisé, plus son coût par journée d’utilisation diminue. Pour un véhicule d’occasion acheté 30 000 €, une utilisation de 30 à 50 jours par an commence à rendre la possession beaucoup plus cohérente face à la location régulière d’un véhicule équivalent.
En France, la location d’un van aménagé tourne fréquemment autour de 70 à 120 € par jour, avec des écarts importants selon le modèle, la saison et la destination.
Le bon raisonnement n’est donc pas simplement :
« J’ai payé mon van d’occasion 30 000 €, combien de jours d’utilisation faut-il pour récupérer 30 000 € ? »
Car le véhicule pourra être revendu.
Il faut plutôt calculer combien le van vous aura réellement coûté entre son achat et sa revente.
Un van acheté 30 000 € : combien coûte-t-il réellement sur 5 ans ?
Prenons un exemple concret qui nous servira pour la suite.
Vous achetez aujourd’hui un van aménagé d’occasion 30 000 € et vous décidez de le conserver pendant cinq ans.
Supposons qu’au bout de ces cinq années, vous puissiez le revendre 22 000 €.
Attention : ces 22 000 € constituent uniquement une hypothèse de simulation, pas une prévision de cote. La valeur future dépendra du modèle, de son âge, de son kilométrage, de son entretien et de l’état de l’aménagement.
Dans notre scénario, la décote est donc de :
30 000 € – 22 000 € = 8 000 € sur cinq ans.
Ajoutons environ 700 € d’assurance par an, 1 000 € d’entretien et de réparations en moyenne et 300 € de contrôle technique, consommables et petits équipements.
Sur cinq ans :
| Dépense | Coût estimé |
| Décote du van | 8 000 € |
| Assurance | 3 500 € |
| Entretien / réparations | 5 000 € |
| Contrôle, consommables, petits équipements | 1 500 € |
| Coût total sur 5 ans | 18 000 € |
Le van acheté 30 000 € ne nous aura donc pas réellement « coûté » 30 000 €, mais environ 18 000 € sur cinq ans, dans notre simulation.
Soit 3 600 € par an, hors carburant.
Pourquoi ne pas intégrer le carburant ? Parce qu’il faudrait également le payer avec un van de location. Pour comparer achat et location, il est donc plus lisible de l’écarter.
15, 30, 45 ou 60 jours par an : le calcul change complètement
C’est ici que l’on comprend pourquoi le nombre de sorties est déterminant.
Reprenons exactement le même van et le même coût de possession de 18 000 € sur cinq ans.
| Utilisation | Jours sur 5 ans | Coût du van par jour utilisé |
| 15 jours/an | 75 jours | 240 €/jour |
| 30 jours/an | 150 jours | 120 €/jour |
| 45 jours/an | 225 jours | 80 €/jour |
| 60 jours/an | 300 jours | 60 €/jour |
À seulement quinze jours par an, notre van coûte donc théoriquement 240 € par journée réellement utilisée.
À 60 jours par an, on tombe à 60 €.
Évidemment, ce calcul ne signifie pas qu’une journée de vacances vous est facturée 60 €. Il permet simplement de mesurer le poids économique de la possession du véhicule.
Et il montre surtout quelque chose d’important : un van peu utilisé coûte cher, même s’il a été acheté d’occasion.
À partir de combien de jours vaut-il mieux acheter que louer ?
Prenons maintenant un tarif moyen de location de 90 € par jour pour un véhicule équivalent.
Dans notre simulation, le van coûte 3 600 € par an à posséder.
Le seuil théorique se situe donc autour de :
3 600 € ÷ 90 € = 40 jours par an.
Autrement dit, à partir d’environ 40 jours d’utilisation annuelle, achat et location commencent à se rapprocher dans notre scénario.
En dessous, la location peut rester économiquement plus intéressante. Au-dessus, posséder son véhicule devient progressivement plus pertinent.
Ce seuil doit néanmoins être considéré comme un ordre de grandeur, pas comme une règle.
Un van ancien acheté 15 000 € comptant et entretenu en partie soi-même n’aura rien à voir avec un modèle récent acheté 45 000 € à crédit.
Le financement compte également. Avec un crédit, les intérêts viennent augmenter le coût réel de possession.
Combien de sorties par mois cela représente-t-il ?
Quarante jours par an représentent environ 3,3 jours par mois.
Mais personne ou presque n’utilise son van de cette manière.
On pourrait plutôt imaginer :
deux semaines de vacances l’été, une semaine au printemps et huit week-ends de deux jours dans l’année.
Nous arrivons déjà à 37 jours d’utilisation.
C’est pourquoi le nombre de jours par an est beaucoup plus pertinent que le nombre de sorties mensuelles.
Et avant d’acheter, un petit test peut éviter de sérieuses désillusions : regardez vos douze derniers mois plutôt que vos projets pour les cinq prochaines années. Combien de week-ends auriez-vous réellement passés en van ?
Nous avons naturellement tendance à surestimer l’utilisation future d’un équipement de loisir.
Découvrez notre article sur : Idées de road trip à travers la France !
Louer son van lorsqu’on ne l’utilise pas : est-ce vraiment rentable ?
C’est probablement le levier le plus évident pour réduire le coût de possession.
Les plateformes spécialisées permettent aux particuliers de proposer leur véhicule lorsqu’il reste inutilisé. Les tarifs observés pour un van aménagé peuvent fréquemment se situer autour de 70 à 120 € par jour, avec une forte saisonnalité.
Reprenons notre van.
Imaginons qu’il soit loué 25 jours par an à 90 €, soit :
25 × 90 € = 2 250 € de chiffre d’affaires brut par an.
Sur cinq ans, cela représente potentiellement :
11 250 € de revenus bruts.
À première vue, c’est considérable face aux 18 000 € de coût de possession estimés précédemment.
Mais il serait trompeur de conclure que le van ne coûte plus que 6 750 €.
11 250 € de locations ne représentent pas 11 250 € de bénéfice
Il faut retrancher les éventuels frais de plateforme, la fiscalité, les dépenses supplémentaires et l’usure engendrée par les kilomètres parcourus.
Surtout, notre hypothèse de revente à 22 000 € au bout de cinq ans pourrait ne plus être valable.
Un van loué 125 jours supplémentaires pendant cinq ans affichera probablement davantage de kilomètres et potentiellement plus d’usure qu’un véhicule utilisé uniquement par son propriétaire.
Il pourrait donc se revendre moins cher.
C’est une nuance importante : louer son van réduit son coût de possession, mais accélère aussi potentiellement sa décote.
La bonne question n’est donc pas « combien vais-je encaisser ? », mais « combien vais-je réellement conserver après toutes les conséquences de la location ? »
Attention également à la fiscalité
Les revenus provenant de la location d’un véhicule entre particuliers sont imposables.
L’administration fiscale indique que les revenus issus de la location d’un bien mobilier, comme une voiture, sont imposables dès le premier euro dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC).
Selon la situation et le montant des recettes, différents régimes et obligations peuvent s’appliquer. Une activité répétée et exercée dans un but lucratif peut également entraîner des formalités supplémentaires.
Il faut donc vérifier sa situation avant de bâtir le financement du van sur des revenus locatifs futurs.
Autre précaution : l’assurance. Il faut s’assurer que le véhicule est effectivement couvert lorsqu’il est loué à un tiers, soit via le contrat du propriétaire, soit via la couverture proposée par la plateforme utilisée.
Comment savoir si vous utiliserez suffisamment votre van ?
Faites ce calcul avant d’acheter
Commencez par estimer le prix auquel vous pourriez raisonnablement revendre le véhicule après quatre ou cinq ans. La différence entre prix d’achat et prix de revente constitue votre décote prévisionnelle.
Ajoutez ensuite :
assurance + entretien + réparations + stationnement éventuel + petits équipements + intérêts du crédit éventuel.
Vous obtenez une estimation du coût total de possession.
Divisez ce montant par le nombre de jours pendant lesquels vous pensez réellement utiliser le van.
Dans notre exemple :
18 000 € ÷ 225 jours d’utilisation sur cinq ans = 80 € par jour.
Comparez ensuite ce résultat au tarif auquel vous pourriez louer un véhicule équivalent.
C’est beaucoup plus instructif que de chercher à savoir abstraitement si « acheter un van est rentable ».
Peut-on financer son van grâce à sa location ?
Oui, en partie, mais il serait risqué de construire son budget en considérant ces revenus comme garantis.
La demande est très saisonnière. Un van peut être facilement loué pendant certaines semaines de juillet et août et rester disponible une bonne partie de novembre.
Il existe également un conflit assez évident : les semaines pendant lesquelles votre van peut rapporter le plus sont souvent précisément celles pendant lesquelles vous souhaitez l’utiliser.
Et plus il est loué, plus il accumule kilomètres et usure.
Le plus prudent consiste donc à considérer la location comme un moyen de réduire le coût annuel du van, et non comme une mensualité garantie permettant de financer son achat.
FAQ : rentabiliser un van aménagé d’occasion
Combien de jours par an faut-il utiliser son van ?
Dans notre simulation, le point d’équilibre avec une location à 90 € par jour apparaît autour de 40 jours par an. Ce chiffre varie cependant fortement selon le prix d’achat, la décote, l’entretien et le modèle.
Est-il intéressant d’acheter un van pour trois semaines de vacances par an ?
Avec seulement 20 ou 25 jours d’utilisation annuelle, louer peut rester plus économique. L’achat devient plus intéressant lorsque les vacances s’accompagnent de nombreux week-ends et courts séjours.
Au bout de combien de temps un van est-il rentabilisé ?
Il n’existe pas de durée universelle. Un van n’est pas un investissement qui rembourse progressivement son prix d’achat : il conserve une valeur de revente. Il faut donc comparer son coût de possession sur quatre, cinq ou dix ans avec le coût des locations qu’il remplace.
Un van d’occasion est-il plus facile à rentabiliser qu’un neuf ?
Souvent, car une partie de la décote a déjà eu lieu. Mais un véhicule plus ancien peut également nécessiter davantage d’entretien et de réparations. Le prix d’achat ne doit donc jamais être le seul critère.
Combien peut rapporter la location d’un van ?
À 90 € par jour pendant 25 jours, le chiffre d’affaires brut atteint 2 250 € par an. Mais ce montant n’est pas le bénéfice : fiscalité, frais éventuels, entretien, kilomètres supplémentaires et perte de valeur doivent être pris en compte.
Un van rentable est avant tout un van qui roule
L’erreur serait finalement de chercher une durée magique au bout de laquelle un van devient « rentable ».
Dans notre exemple, le véhicule acheté 30 000 € et revendu cinq ans plus tard 22 000 € coûte environ 18 000 € à posséder pendant cette période, une fois la décote et les principales dépenses intégrées.
Utilisé 75 jours en cinq ans, cela représente 240 € par journée d’utilisation. Avec 300 jours d’utilisation, le coût tombe à 60 €.
C’est cette différence qui doit guider la décision.
Pour quelques semaines de vacances annuelles, la location mérite sérieusement d’être envisagée. Pour quelqu’un qui part régulièrement toute l’année, l’achat d’occasion devient beaucoup plus cohérent.
Et la location entre particuliers peut encore améliorer l’équation, à condition de ne pas oublier fiscalité, assurance, entretien et décote supplémentaire.
Finalement, le meilleur moyen de rentabiliser un van n’est peut-être pas de chercher absolument à le louer. C’est d’abord de s’en servir vraiment.
Pour aller plus loin :
Idées de road trip à travers la France !
Les trucs à faire pour partir en road trip aux USA
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Guide d’utilisation : Décryptage de l’application ViaMichelin

